La petite histoire de mon non-allaitement

Cette histoire n’est pas de celles que l’on retrouve dans les journaux; ce n’est pas l’histoire attendrissante d’une maman qui aurait dont ben voulu, c’est l’histoire de celle qu’on ne comprend pas, celle qu’on ne glorifie pas. Cette histoire est la mienne.

Une amie m’avait confiée dans le secret, il y a de ça quelques années, qu’elle n’allaitait pas. Elle disait ça comme si c’était gênant, comme si elle craignait d’être jugée et moi je ne comprenais pas. Il faut dire qu’à l’époque mon désir d’avoir un enfant était bien enseveli sous mes longues années de célibat, alors j’étais loin de me douter de toute la pression sociale qui entourait l’évènement.

Il faut dire aussi que peu de gens allaitaient « ouvertement » autour de moi. De mémoire je me souviens d’une fois au chalet, ma cousine était bien installée pour nourrir sa fille dans l’intimité de la chambre et moi je sortais du petit coin. Je me souviens de m’être sentie aussi mal que lorsqu’on ouvre la porte d’une toilette occupée.

Enceinte, je ne comprenais pas les gens qui s’empressait de me demander si j’allais allaiter. Je ne croyais pas devoir décider si tôt, ni en quoi ça les concernait. La tête des gens lorsque j’annonçais que je n’allaiterais pas. Pour certains, ça et nourrir le bébé au McDo revenait à la même chose.

Je ne suis pas et ne serais probablement jamais à l’aise avec le fait d’allaiter. Il y a l’action d’allaiter qui me repousse, et la dépendance totale qui m’insécurise. J’aime mon fils plus que tout, je l’amuse, le cajole, le nourri, tout ça avec amour et j’ai toujours de la difficulté à le faire garder malgré ses 7 mois, mais l’allaiter j’en suis incapable.

Jamais je n’oserais conseiller à quelqu’un de ne pas allaiter. Même que, la plupart du temps, je m’abstiens de commentaires parce que je m’en voudrais d’influencer quelqu’un par ma non-connaissance de la chose. Bien que cette décision était la meilleure pour moi, ma famille et mon bébé, je sais très bien qu’elle n’est pas LA meilleure de façon générale.

Mais je ne laisserais jamais quiconque dire que cette décision n’était pas la meilleure pour mon enfant. J’ai choisi de lui donner une mère heureuse et pour moi c’est plus important que le petit plus qu’apporte le lait maternel.

Publicités

2 réflexions sur “La petite histoire de mon non-allaitement

  1. Malheureusement, à mon humble avis, l’allaitement est devenu une option alors que ça ne l’est pas. Si les femmes n’avaient pas allaité leurs enfants, ou fait allaité par des nourrices comme il fut un temps, on n’existerait probablement pas aujourd’hui.

    C’est la technologie, le capitalisme et le féminisme qui ont fait en sorte qu’aujourd’hui on croit pouvoir choisir entre allaiter ou donner le biberon.

    D’ailleurs, c’est la même chose pour avoir ou ne pas pouvoir avoir d’enfant, maintenant on fait des pieds et des mains pour se faire inséminer un ovule fécondé dans l’utérus pour avoir cette sensation de mettre un jour au monde un enfant qui nous «appartient», qui est «nôtre».

    Je ne comprends pas que l’on puisse vouloir un enfant en envisageant ne pas lui donner ce que mère nature à de mieux à lui offrir. Oui, ce n’est pas de tout repos et toujours simple et facile d’allaiter mais qu’on ne vienne pas me dire que de donner le biberon c’est plus simple.

    Pour ma propre expérience, moi, je n’ai rien à trimbaler, rien à laver, ni à stériliser, ni à réchauffer. Et non, ce n’est pas vrai que les mamans qui prônent l’allaitement sont celles où tout s’est passé à merveille. Mes deux allaitements ont été différents l’un moins inquiétant que l’autre, l’un plus laborieux que l’autre, mais pour moi le biberon était une option de dernier recours.

    Enfin, toute cette question de pression sociale n’est qu’une preuve que le monde tourne à l’envers, selon moi. Qui aurait jamais cru cela dans le passé? Les femmes ont subi cette même pression sociale lors de l’industrialisation et de la commercialisation des biberons et des produits maternisés… «c’est bien meilleur», «c’est moins compliqué», «papa peut s’impliquer» et surtout «femme de carrière vous aurez votre liberté». Que de lavage de cerveau qui ont visiblement bien fonctionné.

    Bref, je défends ici un phénomène qui est naturel, mais certes je ne déplore pas que la possibilité de donner le biberon ne soit pas une bonne chose. Au contraire c’est une bonne option lorsqu’il peut y avoir des problèmes d’ordre naturels. L’envisager de prime abord, personnellement, ça me surprend!

    Il n’est pas question ici d’être ou ne pas être une moins bonne mère à cause de la manière dont on nourrit son enfant. La bonne humeur, la délicatesse et l’affection ne s’offre pas par l’allaitement ou par un biberon. Il s’agit simplement d’un bienfait naturel.

    Mais bon étant à l’ère des possibilités et des alternatives, à chacun ses choix, il faut croire!

    Sonia, l’essentiel c’est que l’on assume ses choix et que l’on cesse chaque fois de se sentir juger de part et d’autre. Ce que tu sembles avoir bien fait et c’est tout à ton honneur!

    Maintenant, j’en ai marre qu’on dise des femmes qui allaitent qu’elles font partie d’une secte, d’une mafia ou d’un quelconque groupe de lavage de cerveau et qu’elles font une pression sociale… Hellooo! L’allaitement existe depuis toujours!!! C’est le moyen naturel de nourrir ses petits chez les mammifères et que l’on veuille ou non, l’humain fait partie de cette catégorie.

    Et monsieur Vaillancourt, j’ai allaité mes deux filles et je peux vous assurez que je suis loin d’être une «maman parfaite», j’ai mes travers et ce n’est pas parce que je donne le sein que je frôle même de loin la perfection!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s