L’accouchement parfait de ma deuxième petite créature parfaite

Si je n’en ai pas parlé jusqu’à maintenant, c’est que je ne pensais pas vraiment le faire. Après la naissance de mon garçon, j’avais besoin d’évacuer mon expérience, me replonger dedans pour mieux passer par dessus.

Mais cette fois-ci ce fut différent. Cette fois-ci ce fut parfait. Parfait parce que j’ai été là tout le long. Parfait parce que mon chéri ne m’a pas quitté une seconde. Parfait parce que je n’ai jamais quitté ma fille.

Et puis je me suis dis que mon histoire pouvait peut-être en encourager quelques unes. Alors la voici.

Je dois remonter un peu plus loin que l’accouchement pour vous la raconter. Au jour où j’ai eu un deuxième résultat positif sur le petit bâton. Jusque là j’étais certaine de vouloir une césarienne. J’avais la possibilité d’éviter un deuxième cauchemar, alors la question ne se posait même pas. Mais j’ai tout de même fait mes recherches. Parce que je considère que les grandes décisions doivent être prises en connaissance de cause. J’ai regardé les chiffres, les statistiques, j’ai même lu des récits de césariennes et d’AVAC (accouchement vaginal après césarienne) pour confirmer mon idée. Et puis j’ai lu possiblement l’argument le plus ridicule, mais le seul qui a su m’ébranler : « On ne nous donne pas le choix entre l’accouchement par voie basse ou la césarienne pour un premier accouchement, alors je ne vois pas pourquoi on nous donnerait le choix pour un deuxième. » Parce que rien ne disait que mon deuxième accouchement serait comme le premier (dans mon cas du moins puisqu’il s’agissait d’un problème spontané). Parce que rien ne certifiait qu’une césarienne serait sans danger. Parce qu’on ne peut rien prévoir.

L’idée à mijoté. Lors de ma première rencontre avec le médecin, à la question : « Veux-tu tenter un AVAC? », j’ai répondu : « Peut-être ».  J’avais la chance d’être dans un hôpital très ouvert sur ce type d’accouchement, alors je n’ai pas eu à me battre ni rien. Ma première médecin était adorable, elle a pris le temps d’écouter mes craintes et m’a dit que je n’avais pas à décider tout de suite, qu’on pouvait voir comment allait ma grossesse et décider plus tard.

À ma deuxième rencontre, ma décision était prise. J’allais tenter le coup, sans pour autant m’acharner. J’ai détesté mon deuxième médecin. Tout ce dont j’ai eu droit c’est une livraison de statistiques que j’avais déjà lu mais qui sonnent tellement plus effrayantes dans la bouche d’un médecin.

Et puis, comme tout ne peut être parfait, j’ai eu droit quelques semaines plus tard à un diagnostic de diabète de grossesse avec injection d’insuline. Selon l’endocrinologue, il est probable que, lors de ma première grossesse, j’aie commencé à faire du diabète après mon test, ce qui expliquerait le poids de mon garçon à la naissance. Ainsi, un diabète diagnostiqué, bien que très chiant, était probablement une bonne chose pour moi.

L’échographie de croissance a été une autre déception. On me prédisait un bébé aussi gros que le premier. J’avais beau me dire que ça ne voulait rien dire, mais dans ma tête un bébé aussi gros équivalait un accouchement de merde.

Le jour J approchait, mais mon corps ne se préparait pas, ou très peu. Je savais qu’on ne me laisserait pas dépasser la 40e semaine, vu mon diabète, et j’étais ok avec cette décision. Mais mon corps semblait aussi peu pressé que la première fois. Alors est arrivée la 39e semaine, et du fait même mon dernier rendez-vous de suivi. Avec ce même médecin « statistiques » que je détestais. Après les vérifications d’usage et un stripping, il disparût avec son interne pour écrire la fameuse « prescription » de césarienne. Si mon corps ne se décidait pas, j’aurais donc une césarienne le 30 août, lendemain de mon anniversaire.

Et puis il revient. « Est-ce qu’on t’a parlé de la possibilité de te provoquer? »  « Non. En fait je croyais que le risque était trop élevé. » « Les études se contredisent à ce sujet. Certaines parlent du même risque et d’autres du double. Et même dans le cas du double cela donne 2% de risque de rupture utérine, ce qui n’est pas un drame. »

Mon corps ne s’est jamais décidé, je fus donc provoquée le 30 août. On me parlait de 60% de chance de réussir mon AVAC, donc 40% de finir en césarienne.  La médecin de garde m’a dit qu’elle ne s’acharnerait pas, puisque selon son expérience la rupture utérine arrive plus fréquemment lorsqu’on s’acharne. Ce qui était parfait pour moi, puisque j’en avais assez vu côté acharnement.

Les injections ont débuté à 8h, j’ai eu droit à une péridurale vers 12h, à 15h je poussais et à 15h20 j’avais ma petite puce dans mes bras.  Mes premiers mots après la naissance de ma fille ont été : « Quoi, c’est tout? », suivi de : « Quoi, c’est sorti de moi cet affaire là? ».

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