Je suis anxieuse

Mon dernier billet commençait ainsi. Ironiquement, je venais de mettre le doigt sur le bobo qui allait me mener dans un bureau de médecin un mois plus tard.

Septembre fut un gros mois, avec l’entrée à la maternelle de mon grand garçon… et la découverte d’insectes indésirables dans la chambre des enfants. Avec septembre vint aussi l’arrivée de symptômes inquiétants. Grande fatigue, étourdissement, lourdeur dans les bras, perte de mémoire, difficulté de concentration, perte de suite logique, troubles de vision, etc. Rien de bien rassurant.

Sans vouloir entrer dans les détails, 2015 fut l’année où j’ai appris que certains symptômes psychologiques, lorsqu’on les ignore, peuvent provoquer des symptômes physiques.

Mon anxiété ne date pas d’hier, mais j’ai toujours cru que c’était quelque chose que je devais apprendre à gérer seule. Et je croyais avoir réussi à atteindre, avec la trentaine, un bel équilibre. J’étais beaucoup plus zen que dans la vingtaine; plus de calme, moins d’extrêmes.

Malheureusement, tout ce temps où je croyais être mieux, je m’enlisais plus profondément dans mon erreur. J’étais effectivement beaucoup plus calme, mais pas parce que je réussissais à me contrôler, plutôt parce que j’évitais les situations que je ne savais pas gérer. Donc, non seulement une situation incontrôlable pouvait devenir un drame, mais je ne m’accordais presque plus de petits plaisirs. Mon quotidien était devenu une succession d’obligations.

Donc je me suis retrouvée avec un bilan de santé A1, un petit papier avec l’inscription « trouble dépressif avec tempérament anxieux » et une prescription d’antidépresseur.

J’ai eu la chance de tomber sur une doc qui a su rapidement déceler la faille avant que je « plonge » dedans. Je travaille depuis avec une psy pour finalement apprivoiser mon anxiété et j’ai bon espoir de cesser la médication cet été. Je suis conscience que je partagerai toujours mon existence ce trouble, mais j’espère un jour réussir à lui accorder moins d’importance.

Je suis anxieuse.

Mon fils commence la maternelle. Je crains ce moment depuis qu’il est tout petit. Il a son propre rythme d’apprentissage et fonctionne très mal sous la pression. Je sais que le système d’éducation est plus ou moins adapté pour les garçons. Je sais que les professeurs sont surchargés et ont peu de temps pour le cas par cas. J’aime mon fils et je l’aimer tout autant, qu’il décide d’être pompiste ou médecin. Mais j’aimerais que ce soit son choix à lui. Pas parce qu’il aura manqué d’outils pour arriver à ses fins.

Je suis égoïste.

J’en veux au gouvernement d’imposer toutes ces coupures au moment où mon fils entre dans le système. J’en veux aux professeurs de menacer d’en faire moins (ou plutôt de faire ce pour quoi ils sont payés) au moment où mon fils aura besoin d’eux. Je m’en veux de ne pas avoir les moyens de lui offrir plus que ce système public et je m’en veux de penser comme ça parce que j’aimerais pouvoir y croire à ce système.