Je suis anxieuse.

Mon fils commence la maternelle. Je crains ce moment depuis qu’il est tout petit. Il a son propre rythme d’apprentissage et fonctionne très mal sous la pression. Je sais que le système d’éducation est plus ou moins adapté pour les garçons. Je sais que les professeurs sont surchargés et ont peu de temps pour le cas par cas. J’aime mon fils et je l’aimer tout autant, qu’il décide d’être pompiste ou médecin. Mais j’aimerais que ce soit son choix à lui. Pas parce qu’il aura manqué d’outils pour arriver à ses fins.

Je suis égoïste.

J’en veux au gouvernement d’imposer toutes ces coupures au moment où mon fils entre dans le système. J’en veux aux professeurs de menacer d’en faire moins (ou plutôt de faire ce pour quoi ils sont payés) au moment où mon fils aura besoin d’eux. Je m’en veux de ne pas avoir les moyens de lui offrir plus que ce système public et je m’en veux de penser comme ça parce que j’aimerais pouvoir y croire à ce système.

Dans le doute, détestez

Je suis aussi une personne qui aime beaucoup, beaucoup de choses. Je disperse mes énergies et mon temps à gauche et à droite, ce qui fait que je mène bien peu de projets à terme. Je m’informe sur tout, tellement que je ne me spécialise en rien.

Mais ceux qui aiment ne sont pas à la mode. Regardez autour de vous. On déteste un style, on haït un groupe, on boude un resto, on se moque d’une tendance. Pour détester il ne suffit que d’une raison, pour aimer il faut écrire une thèse. Et il faut avoir une opinion sur tout, même si ça ne nous concerne pas.

Je déteste certaines choses, comme tout le monde, mais à quoi bon perdre autant d’énergie sur des trucs inutiles. Chialer ne sert pas à grand chose si aucune action n’est posée.

Ne reste qu’à espérer que détester devienne trop « mainstream » et que le vent tourne 😉

Garder le cap

Pas évident d’écrire régulièrement avec ma réalité de « mother of 2 ». D’autant plus qu’étant à la maison la majorité du temps, je n’ai pas beaucoup d’autres sujets que mes deux amours. Je réalise aussi qu’à l’époque où j’étais plus active sur le web, il m’arrivait de n’écrire que 2 ou 3 lignes pour la forme. Alors voilà!

J’ai raison

Avec la fébrilité des réseaux sociaux et l’éternelle course à l’inédit, tout doit toujours être plus vite, et qui dit plus vite, dit moins réfléchi. Tout le monde a une opinion d’ailleurs, sur tout et partout. Ce qui n’est pas mal en soit, cela prouve que nous sommes une société qui pense, et qui aime débattre ses points. Mais trop souvent nous en oublions l’essentiel, que l’absolue vérité n’existe pas, et que, ce qui pour nous parait des plus logiques, n’a peut être aucun sens pour notre interlocuteur.

Je le remarque de plus en plus avec mon rôle de maman. Des dialogues de sourds, des confrontations de valeurs, des suggestions trop appuyées et des jugements à n’en plus finir; chaque maman croit foncièrement que son expérience fait d’elle une spécialiste en la matière. Et avec raison. Chaque maman* est la spécialiste de son petit monde. Mais cela implique aussi que si le monde du voisin n’a pas les mêmes paramètres, les mêmes ressources et les mêmes valeurs que le nôtre, notre spécialité n’est plus applicable, du moins pas dans sa même exécution.

Accordons-nous trop d’importance au fait d’avoir une opinion tranchée et immédiate? Ou est-ce simplement parce que dès qu’un sujet touche nos valeurs, c’est notre fondamentalité qui en est ébranlée?

Il faut dire que je suis de celles qui préfèrent réfléchir avant et choisir ensuite, en opposition à ceux qui affirment tout de suite, et s’attendent à être convaincu du contraire s’ils ont tord. Je ne saurais dire si un des 2 côtés est préférable, mais si on suit ma ligne de réflexion, je suis forcée d’admettre que les 2 camps sont potentiellement bons.

 

*Je parle de la maman pour le bien du texte, même si dans mon monde le papa a une place aussi importante.

le 450, le 514 et le plateau

Je viens d’une contrée très lointaine; là où les gens s’achètent un pick-up par utilité et où la signification du mot chalet c’est un camp de chasse à La Tuque ou une maison mobile aux Trois-Lac. Dans la profondeur de mon 819, j’ai toujours trouvé ridicule la guerre de numéros qui sévissait ici.

J’ai goutté au 450 pendant mes 4 années d’études au collège Lionel-Groulx, et par la suite lorsque j’ai emménagé à Longueuil avec mon chéri. J’ai aimé Ste-Thérèse, j’ai détesté Longueuil. Les choses auraient peut-être été différentes dans un autre quartier, mais l’expérience que j’y ai eu m’a laissée un léger arrière-goût.

Il y a un peu plus d’un an, nous déménagions dans la métropole. Sur le plateau pour être plus précis. Parce que je voulais voir ce que c’était que ce secteur adulé par une moitié et détesté par l’autre. Et pour être honnête, j’adore.  Notre rue est bordée d’arbres matures, chaque bâtiment est différent du précédent, j’ai des voisins à faible revenu et un cottage de 2,2 millions à vendre à côté, une multitude de choix de restaurants à 2 pas, je peux acheter mon pain, mon vin, mon fromage, ma viande à autant de places différentes, à pied, et sans que ça me prenne une heure.

Malgré tout cela, je ne comprends toujours pas ces histoires de numéros. Comment cela peut être socialement acceptable de « blaster » Longueuil à une personne qui y réside? Comment le fait qu’une autre habite Hochelaga joue sur sa personnalité?

Je ne retournerais pas à Longueuil, n’habiterais pas Trois-Rivières et n’apprécie pas particulièrement Victo, mais je ne comprends pas pourquoi je devrais détester ses habitants…

Le juste milieu entre exhibition et vie privée

Je blogue depuis 2006, au début sous le couvert de l’anonymat, puis peu à peu sous le regard de mes amis proches, pour finalement le faire au vu et au su de tous. Depuis mon changement d’url (soniadesruisseaux.com et ensuite soniavsnico.com), je blogue sous mon nom complet, ou du moins, il est facile à trouver. J’ai un Facebook où je n’accepte, à quelques exceptions près, que les gens que j’ai déjà rencontrés, et un Twitter ouvert à tous. J’écris sur tout et n’importe quoi, principalement sur ma vie, un peu comme je le ferais verbalement dans mon quotidien. J’inonde mon Twitter de commentaires majoritairement non-pertinents, pour me défouler ou simplement pour passer le temps. Je converse à droite et à gauche, un peu comme à mes débuts sur mIRC, à l’époque où il n’était pas encore question de confidentialité et de réseaux sociaux.

Ma grossesse a pris une place importante sur ce blogue ainsi que sur mon Facebook et mon Twitter, même que cette place est un peu plus grosse que je ne l’espérais au départ. Je ne tiens pas à devenir une autre de ces mamans blogueuses (je n’ai rien contre elles, ce n’est simplement pas moi), mais avec juste ce qu’il faut d’énergie pour vivre sa grossesse, il est difficile de parler d’autres choses. J’ai parlé un peu de tout, du sérieux au farfelu, en passant par la lassitude de ma situation. Pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, je ne suis pas de celles qui aiment être enceinte.

J’ai rencontré grâce à Twitter des gens géniaux, et il y a d’autres personnes à qui je parle tellement régulièrement que j’ai l’impression de les connaître, alors il va de soi qu’un beau matin/midi/soir/nuit on retrouvera sur mon Twitter un petit quelque chose du genre : « Je crois que cette fois c’est la bonne, direction l’hôpital pour confirmer le tout. » Et si moi et mon chéri trouvons le temps long à l’hôpital, il est fort probable que vous y lirez d’autres « tweets » sur le sujet. Pas au point de suivre étape par étape mon niveau de dilatation, mais question de se défouler un peu et de passer le temps comme nous le faisons chaque jour.

Je suis consciente que quiconque le désire pourra suivre nos péripéties sur le web de cette façon. Je suis exhibitionniste de ma vie depuis 2006, alors je sais très bien le positif et le négatif que peut apporter une telle démarche. Mais je n’irais pas jusqu’à publiciser mon action et même si je serais d’une certaine façon flattée, j’éprouverais surement un profond malaise à ce qu’on le fasse à mon insu. Ma démarche ne serait rien de plus qu’une action sans but, sans intérêt et surtout sans engagement; trop de temps à perdre et un iPhone rechargé.

La limite de chacun est différente. Pour certains, le quart de ce que je révèle serait de trop et pour d’autres, l’intérêt d’une telle exhibition est de le faire à fond. Mais, peu importe l’avis de l’un et l’autre, l’important est de définir ma propre limite…

Crise de profession

Je n’en suis pas à un questionnement près concernant ma profession. Je raffine à chaque fois ma réflexion, mais sans jamais en arriver à un résultat final concluant.

Pour ceux qui me connaissent depuis peu, je suis technicienne de bureautique de formation, et bien que ça sonne plutôt bien en entrevue, la plupart du temps sur papier ça ne veut absolument rien dire. J’ai adoré ma formation, le côté multimédia, technologie, création, je m’y sens comme un poisson dans l’eau. Le côté administratif est un peu moins plaisant, mais je suis capable de le faire, et avouons-le, assez facilement.

Malheureusement, après 5 années dans le domaine, je stagne. Malgré l’option multimédia de ma formation, je ne suis rien d’autre qu’une secrétaire avec une base en multimédia. Une base d’ailleurs inexploitée sur le plan professionnel. Et le côté administratif ne m’apporte plus aucun sentiment d’accomplissement.

Les options qui s’offrent à moi sont plutôt limitées.

  • Me taire et accepter ma situation; ce que visiblement je n’arriverais jamais à faire.
  • Retourner aux études; ce qui ne m’enchante guère pour plusieurs raisons, dont me retrouver sans ou avec très peu de salaire pendant 3 ans, et perdre mon temps en classe à revoir des notions que j’ai déjà…
  • Ou suivre des formations d’appoints, par correspondance, sur des sujets qui m’intéressent, en espérant que ça m’ouvre éventuellement des portes.

C’est cette dernière option qui me semble la plus réaliste présentement. Il ne me reste qu’à trouver les formations. J’ai ma petite idée sur les sujets voulus, mais la disponibilité des cours, c’est une autre histoire.

Mon but ultime reste dans tout cela, de travailler de la maison, ou moitié maison, moitié bureau, dans un domaine que j’aime, qui me motive et pour une compagnie pour laquelle je crois. Le côté administratif ne me répugne pas, mais ne faire que ça, c’est beaucoup trop lourd pour moi….

La politique, ce reality show…

Pendant longtemps j’ai eu une opinion politique que je ne défendais que très peu. L’opinion politique est si souvent un sujet de discorde qu’elle est devenue personnelle et secrète, sauf pour ceux qui ont la force et les données pour la défendre. Je fais partie de ceux qui croient que pour pouvoir dire qu’un parti est meilleur qu’un autre il faut détenir toutes les informations sur les 2 partis, les analyser et répondre rationnellement. Et comme nos choix politiques dépendent souvent de notre moral ou de nos croyances, il devient très difficile de rationnaliser et donc d’imposer sa vision.

Pendant longtemps au Québec nous avions 2 solutions, la séparation ou la communication avec le reste du Canada. Aujourd’hui, la séparation n’étant plus un sujet chaud, le parti la défendant met même cet objectif en sourdine au profit du reste de son discours. Nous nous retrouvons donc avec 3 partis qui disent parfois la même chose, parfois l’opposé.

Pour le commun des mortels qui n’a ni le temps, ni l’envie d’analyser et de comparer les 3 partis, le débat des chefs est souvent une bonne option pour se forger une opinion. Malheureusement, pour ma part c’est l’effet inverse qui c’est produit cette fois-ci, je suis aujourd’hui encore plus mêlée que je ne l’étais en début de semaine.

Avoir eu le contrôle de la télécommande lors de ce débat je n’aurais probablement pas visionné plus que les 20 premières minutes. Honnêtement, si je veux entendre des gens s’obstiner pour ne rien dire et se relancer la balle constamment je vais écouter Loft Story. Je continue de refuser de voter pour un candidat qui a comme discourt « votez pour moi, je suis quand même moins pire que les 2 autres ».

Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, je suis tout de même curieuse de voir si le participant évincé saura faire un McCain de lui-même et souhaiter bonne chance à celui ou celle qui héritera de la lourde tâche d’empêcher le Québec de sombrer dans une récession.

Je suis incroyablement choyée. Je vis, pour la première fois dans ma vie, une relation saine avec un homme que j’aime et qui m’aime. Je ne m’endors jamais les yeux pleins d’eau et je peux me permettre d’être moi-même sans me faire reprocher mes actions.

J’ai dû abandonner beaucoup pour être ici. J’ai mis plusieurs années à bâtir ma vie à Sherbrooke, l’abandonner signifiait beaucoup pour moi. Mais comme la vie n’est pas toujours chienne, parfois elle te fait comprendre le chemin à prendre en désagrégeant peu à peu ton noyau. Les choses n’étaient plus pareilles là-bas à la fin, et grâce à ça je peux me permettre d’être ici sans regretter ce que j’ai laissé derrière moi.

J’ai fait beaucoup de chemin dans vie, kilométralement parlant. J’ai souvent fait l’erreur de fuir un monde pour ne pas avoir à me confronter à sa réalité. Et j’y ai perdu beaucoup d’amitiés. Cette fois-ci je me suis promis de faire les choses différemment. Quitter une ville sans y quitter ma vie. Je savais que ma vie allait muter, je ne suspectais cependant pas le virage qu’elle allait prendre. Je savais que j’aurais du travail à faire pour m’adapter, pour me créer mon monde ici, mais pas que je me retrouverais aujourd’hui devant certains deuils que je ne croyais pas avoir à faire.